Le 12 juillet 2026, nous nous sommes élancés de la banlieue nord d’Hambourg, arborant notre plus beau sourire et notre pouce redressé vers le ciel, avec en tête l’objectif d’atteindre en auto-stop le Cap Nord en Norvège. Nous sommes arrivés à destination deux semaines plus tard, le 25 juillet. Mais le voyage ne s’est pas arrêté là. Ceci est l’article retraçant notre extraordinaire aventure. Bonne lecture !
Avant de vous raconter cet incroyable périple en auto-stop jusqu’au Cap Nord, je voudrais vous expliquer mes motivations et comment est né le projet. Avant tout, c’était mon idée, LE challenge qui était marqué depuis bien longtemps dans ma bucket list (à parcourir ou reparcourir ici). Pourquoi cette destination ? Tout simplement parce que le Cap Nord est le point le plus au nord de Norvège et d’Europe continentale. Dis comme ça, cela vaut toute autre explication, non ? J’ai toujours aimé la singularité des espaces nordiques et aller toujours plus au nord me fait rêver. Ca tombe bien car mon mec aussi ! Un de ses rêves, à lui, est d’aller en Antarctique ! Aussi, comme je le mentionnais déjà dans l’article conclusion de mon PVT Canada, j’ai un petit regret vis-à-vis de celui-ci : n’avoir pas pu me rendre jusque l’océan arctique à Tuktoyaktuk, dans les TNO. Alors me rendre au Cap Nord, cela avait un petit goût de revanche.

Pourquoi en auto-stop ? Je voulais que mon arrivée jusqu’au Cap Nord soit une aventure. Je ne voulais pas que ce soit facile, comme en prenant un vol jusque Tromsø puis en louant une voiture. Je voulais traverser les frontières et que mon arrivée soit le résultat d’une longue traversée. Comme je ne possède pas de van ou de camping-car et qu’il est bien trop cher d’en louer un, j’ai décidé que ce serait à la force du pouce ! Ce n’était pas gagné car Ricco n’avait jamais fait d’auto-stop de sa vie et cela le sortait de sa zone de confort. A force d’arguments et de yeux doux, j’ai fini par le persuader de me suivre dans cette folle aventure. Nous avons convenu que l’on ne commencerait pas notre remontée de la maison mais de Hambourg. Nous avons donc réservé un train très matinal afin de nous y rendre et avons passé l’après-midi et le début de soirée à visiter cette charmante ville, par un joli temps ensoleillé. Il y avait un air de vacances dans l’air et, en se baladant le long du port, on ne réalisait pas très bien que l’on s’apprêtait à débuter un long voyage en auto-stop. Après un dîner rapide, nous avons récupéré notre tente et nos gros sacs à dos dans la conciergerie douteuse dans laquelle on les avait laissés quelques heures plus tôt et nous nous sommes dirigés vers notre Airbnb dans la banlieue nord de Hambourg. Nous avons préparé notre tout premier panneau d’auto-stop (« A7 to Dänemark« ), avons discuté un peu stratégie et sommes allés au dodo. Plus de 3000 kilomètres nous séparent du Cap Nord.
notre aventure en auto-stop
12 juillet 2026, Niendorf (Hambourg)
Comme je le disais, l’auto-stop, c’était une première pour Ricco. De mon côté, je n’en avais pas fait depuis septembre 2023. Mais les réflexes reviennent vite: si possible éviter les lunettes de soleil pour que les automobilistes puissent capter notre regard ; chercher un endroit stratégique dans lequel on pourra se placer bien en avant afin que les automobilistes nous voient ET aient le temps de prendre leur décision (on parle ici d’un processus de réflexion de seulement deux secondes) et qui sera assez long et large pour qu’ils puissent s’arrêter en toute sécurité sans gêner les autres (cette problématique rentre aussi en jeu dans leur prise de décision extrêmement rapide) ; placer les sacs au niveau de la zone où ils s’arrêteront pour ne pas aller les chercher en arrière en courant quand on aura obtenu notre « oui ».
Après qu’une première voiture se soit garée plus loin et soit repartie – peut-être par manque de réaction de notre part ? ou peut-être s’est-elle arrêtée vite fait pour regarder quelque chose sur son téléphone ? difficile de savoir -, j’ai expliqué à Ricco que lorsqu’une voiture s’arrêtait, il fallait courir à la fenêtre passager et parler directement au chauffeur ou au passager le cas échéant. Les gens s’arrêtent pour nous, souvent quelques mètres plus loin, on ne peut pas arriver à leur hauteur en marchant !
C’est finalement Lily, une jeune femme d’une trentaine d’années accompagnée de son petit garçon Jonas, qui s’est arrêtée et a accepté de nous prendre. Temps d’attente suite à notre changement de spot : 25 minutes. Ca va ! Nous avons papoté pendant une trentaine de minutes et avons été déposés environ 50 kilomètres plus loin, sur une station service de l’A7. Cette première voiture a été l’occasion pour Ricco d’être initié à la fameuse série de questions posées à tout auto-stoppeur, qui deviendra vite redondante (mais c’est le jeu de l’auto-stop !): de quel pays venez-vous? où habitez-vous ? que faites-vous dans la vie ? A savoir qu’à ce stade ils sont intéressés par notre profession et pas encore par nos hobbies. Où allez-vous? Ce sont là les questions habituelles et récurrentes. Souvent, on nous a aussi demandé combien de temps on avait attendu, où est-ce qu’on dormait le soir, si on comptait prendre les transports en commun aussi. Certaines personnes avaient d’ailleurs du mal à comprendre que le projet résidait dans le fait d’atteindre le Cap Nord seulement par le biais de l’auto-stop. Aussi, il nous est arrivé plusieurs fois qu’on nous conseille de prendre tel ou tel bus. Plus rarement, on nous demandait nos hobbies, comment on s’appelait – comme c’est étrange de se présenter mutuellement qu’à la fin, après toutes ces conversations et ces trajets plus ou moins longs dans la voiture !
A la station service, nous avons fait de l’auto-stop passif (i.e. tendre le pouce) puis nous avons entrepris la technique de l’auto-stop actif: s’adresser directement aux conducteurs qui pourraient potentiellement nous emmener plus loin. C’est l’avantage d’être déposés sur une station service ou un parking: on peut allier les deux stratégies en binôme ou passer de l’une à l’autre. Après 25 minutes, une perle nous a dit « oui »: il s’agit d’Annelies, une adorable danoise installée aux Pays-Bas et qui se rendait à Vjele dans son magnifique et luxueux van aménagé. Cela représente un trajet de 2h15 (215 kilomètres), et notre premier passage de frontière ! Nous avons beaucoup papoté et Annelies fut d’une douceur incomparable. Nous étions extrêmement heureux de ce second trajet qui nous permettait de faire un grand bond en avant ! On n’imaginait pas être si avancés le premier jour en milieu de journée. On rêvait les yeux ouverts d’atteindre Hirtshals le soir-même, 248 kilomètres plus loin. Après tout, il était seulement 13h ! Après avoir déjeuné d’un très bon hot dog à Vejle, petite ville au bord de l’eau (mais non touristique !), nous avons tardé à repartir. D’abord, il a fallu beaucoup marcher pour atteindre un spot de départ potable.
J’ai parlé précédemment de certaines techniques d’auto-stop et de façon de choisir son spot. Il y a un autre aspect à ne pas négliger: se placer sur une route qui débouche sur le moins d’alternatives possibles. Par exemple, se placer avant un rond-point qui part dans quatre directions majeures différentes, c’est un mauvais plan ! Il vaut mieux avoir un spot de parking plus difficile qu’être avant une intersection importante. Le risque est de se faire de faux espoirs avec beaucoup d’automobilistes qui partent dans la mauvaise direction et d’avoir donc statistiquement moins de chance d’être pris. Bien-sûr, les gens doivent avoir la possibilité, un minimum, de se garer pour vous parler et vous prendre, mais je vais vous dire un truc : celui qui veut vraiment t’aider et te faire avancer, il s’arrêtera, même si l’espace pour s’arrêter est pas terrible ! Cela nous est arrivé plusieurs fois que des personnes se rangent alors que le spot était pas fou (comme sur une route en montée ou carrément dans une intersection !), il y a même un couple d’allemands qui nous a dépassé, a freiné et s’est arrêté brusquement dans la zone herbeuse du bord de route, et a fait marche arrière jusque notre hauteur ! Tout ça… juste avant un tunnel ! Si vous passez par là, Dagmar et Nico Celui qui veut pourra !
Où en étais-je ? Ah oui ! Vjele et notre départ tardif ! Nous avons pas mal marché avec nos gros sacs à dos afin d’être en bonne position pour repartir. Puis nous avons attendu. 35 minutes plus tard, c’est Kris qui nous prend et nous dépose quelques 40 kilomètres plus loin, sur une aire de repos… ma foi trop assez calme ! Enfin, Peter nous prend sous son aile, après une attente d’1h05. On commençait à s’impatienter et se demander si on allait pas planter la tente là entre deux poids lourds !
Peter nous a fait découvrir le système danois des shelters, qui sont des espaces naturels entretenus et mis à la disposition des cyclistes et randonneurs itinérants. Ils ne sont généralement pas accessibles en voiture. Dans une zone résidentielle d’un village, il nous dépose au départ de la petite marche en direction du refuge verdoyant. On est heureux que de tels endroits existent ! On a planté notre tente, Ricco est allé demander à un résident alentour s’il pouvait remplir notre stock d’eau et on a réchauffé à la popote nos premières nouilles instantanées ! Test du matériel acheté en vue de ce voyage et hop, dodo !

1ère journée d’auto-stop en chiffres:
- Hambourg
– Hadbjerg
- 350 kilomètres – on a commencé à 10h et nous avons été déposés vers 18h30 je crois? eh oui, il faut compter la petite visite de Vejle, le temps du repas du midi, les temps de marche, les temps d’attente entre chaque trajet
- 4 voitures
- plus long temps d’attente: 1h05
- temps d’attente le plus court: 25 minutes
- dodo en autonomie dans la nature
En cours d’écriture… reviens demain 😉


















Super comme d’hab !!🥰 Mais je ne suis toujours pas objective !!! Mais siiiii 😁
Je te lis et je t’entends 😍
À demain 😘
C’est courageux de votre part de partir à l’aventure, ça vous laissera de beaux souvenirs et de belles anecdotes à nous raconter encore et encore. Même plus jeune je crois que je n’aurai jamais osé 😁.,.
C’est parti ! J’ai hâte d’être à demain pour la suite